"Pour moi, la pire des choses serait de vivre esclave.

On peut tout avoir : à manger, à boire. De quoi se vêtir, un toit où se loger :

Si on n'a pas la liberté, si on n'a pas la fierté, si on n'est pas indépendant, cela n'a ni goût, ni valeur"
                                                                  Ahmad Shah Massoud

Darah Afghanistan

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Les mots de Darah

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OUBLIER , NON JAMAIS

08/10/2022

15 aoĂ»t 2021 : cette date restera une date fatidique dans l’histoire de l’Afghanistan. Celle de la dĂ©bâcle du monde dĂ©mocratique face Ă  celui de l’obscurantisme de fanatiques dĂ©connectĂ©s de la rĂ©alitĂ©, embourbĂ©s dans une vision autoritaire et rĂ©trograde du fonctionnement de la sociĂ©tĂ© oĂą domine le pouvoir sur des humains Ă  qui ils ont enlevĂ© la majuscule. 
15 aoĂ»t 2022 : une annĂ©e a passĂ©. Une annĂ©e de souffrances, une annĂ©e de dĂ©solation,  une annĂ©e de survie, sans espoir, une annĂ©e oĂą petit Ă  petit la chape de plomb se referme sur un peuple dĂ©muni, abandonnĂ© Ă  son sort, sous la fĂ©rule de lois engendrant la terreur et annihilant l’être. 
Femmes et enfants sont les premières cibles, elles parce qu’elles donnent la vie que les talibans veulent dominer à n’importe quel prix, eux parce qu’ils en sont le résultat et qu’ils sont malléables. Tuer la vie, celle qui est joie, renouveau, avenir, espoir. Embrigader ces forces, les ensevelir dans un carcan d’interdits : interdiction d’étudier, interdiction de travailler, interdiction de voyager, ces trois seules lois sont suffisantes pour détruire un peuple. L’Ego-monstre de Sayd Bahodine Majrouh* dévore l’Afghanistan, le Commandant Massoud avait alerté et a payé de sa vie son combat pour la liberté.
OĂą est l’Afghanistan, ce pays aimĂ©, chĂ©ri, dont la seule Ă©vocation fait surgir des visages, des lieux, de la musique, des danses, des fĂŞtes, des rires et de la joie. 
Espoir, tu ne dois pas nous abandonner. 
Vie, tu dois nous soutenir. 
Darah continue à soutenir celles et ceux qui ne peuvent accepter, celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce monde d’interdits.
Nos moyens sont modestes mais ils ont le mĂ©rite de continuer malgrĂ© les difficultĂ©s : soutenir encore et toujours nos Ă©quipes sur place pour que les enfants aient une Ă©ducation digne de ce nom, car les Ă©coles autorisĂ©es des taliban glissent irrĂ©mĂ©diablement vers le modèle de l’école coranique. 
En collaboration avec nos équipes, nous ajustons nos activités à la réalité du terrain. À Kaboul, de nombreux enfants ne vont plus à l’école. Nous venons d’ouvrir deux classes clandestines qui accueillent les enfants d’un quartier de la banlieue de Kaboul, filles et garçons. Les cours en ligne de formation aux logiciels de DAO-CAO pour les étudiants en architecture et ingénierie continuent. Sans doute, peu de choses au regard des besoins immenses, mais aller chaque jour à l’école donne un sens et un but à une vie, avec l’espoir que les choses peuvent encore changer.
*Sayd-Bahodine Majrouh, dans Le Voyageur de Minuit (Ego-Monstre 1) suivi de Le Rire des Amants (Ego-Monstre 2) rêve le présent et l'avenir d'un pays imaginaire (en lequel il n'est pas trop difficile de reconnaître l'Afghanistan) menacé par de bien inquiétantes chimères. Composé avant l'invasion soviétique de 1979, le texte se révèle à mille et un égards singulièrement prophétique …
Sayd Bahodine Majrouh (1928-1988) a fait des études de philosophie à Montpellier et était en conséquence francophone. Ancien doyen de la faculté de Kaboul, il était l'une des voix les plus rebelles d'Afghanistan... Il a été assassiné à Peshawar par les talibans à la veille de son soixantième anniversaire.

Elles s’appellent Nouria, Hamida, Zohrah, ou encore Ferechta, Nazanine, ou Fatimah

02/10/2022

Elles s’appellent Nouria, Hamida, Zohrah, ou encore Ferechta, Nazanine, ou Fatimah

Elles s’appellent Nouria, Hamida, Zohrah, ou encore Ferechta, Nazanine, ou Fatimah. Elles ont entre 17 et 21 ans, elles préparaient le concours d’entrée à l’Université, elles avaient encore des rêves.


Vendredi 30 septembre, leur rêve a volé en éclat. Rescapées de l’attentat perpétré dans le centre éducatif Kaaj du quartier de Dasht-é-Barchi, ces jeunes filles ont été opérées, elles sont aujourd’hui soit en réanimation, soit dans le coma, elles sont toutes mutilées, dévisagées.
L’un des formateurs en CAO-DAO de notre association a perdu deux de ses cousines. Il nous a fait parvenir une liste de 15 noms de jeunes filles hospitalisées. DARAH lui a envoyé une aide d’urgence de 500 € à distribuer auprès des familles les plus dans le besoin suite à ce drame. Nous vous faisons part de son message : "Rien n’est plus beau que cette aide, merci infiniment".

 

La colère, la honte, l'amertume nous habitent... 

15/08/2021

Chères amies et chers amis de l’Afghanistan,


L’Afghanistan n’est plus ce pays dont le monde se fout, comme disait Christophe Ponfilly. Il est revenu sur le devant de la scène, et pour cause.
La colère, la honte, l’amertume, nous habitent. 


La colère : comment le prĂ©sident Joe Biden a-t-il pu commettre cet acte impardonnable d’abandonner l’Afghanistan Ă  son sort, aux mains d’un groupe fondamentaliste d’un obscurantisme redoutable, en sachant que les femmes vont ĂŞtre les premières Ă  payer un tribut insupportable ?  Comment n’a-t-il pas rĂ©alisĂ© que ce dĂ©part est un aveu de dĂ©faite et un message donnĂ© aux groupes terroristes du monde entier : « patientez, les talibans ont mis 20 ans et ils ont gagnĂ© ».

 

L’amertume : nous sommes interpellĂ©s par  celles et ceux qui travaillent avec l’association depuis 20 ans, et qui nous lancent un appel au secours. Ils ont cru aux Ă©coles, ils se sont investis Ă  nos cĂ´tĂ©s, ils nous ont offert leur pays. Que pouvons-nous rĂ©pondre aux musiciens que nous avons fait venir en France, qui nous ont enchantĂ©s des soirĂ©es entières ?

 

La honte : nous n’avons pas de réponse. L’ambassade de France nous a répondu qu’ils ne correspondaient pas aux critères de sortie du territoire, puisqu’elle n’avait pas établi de contrat direct avec eux. Qu’ils subissent donc !

 

Darah Afghanistan