"Pour moi, la pire des choses serait de vivre esclave.

On peut tout avoir : à manger, à boire. De quoi se vêtir, un toit où se loger :

Si on n'a pas la liberté, si on n'a pas la fierté, si on n'est pas indépendant, cela n'a ni goût, ni valeur"
                                                                  Ahmad Shah Massoud

Darah Afghanistan

99 rue Leguen de Kerangal 35200 Rennes

téléphone :02 99 50 41 43

darah.afghanistan@gmail.com

Les mots de Darah

Les mots de Darah

La colère, la honte, l'amertume nous habitent... 

16/08/2021

Chères amies et chers amis de l’Afghanistan,


L’Afghanistan n’est plus ce pays dont le monde se fout, comme disait Christophe Ponfilly. Il est revenu sur le devant de la scène, et pour cause.
La colère, la honte, l’amertume, nous habitent. 


La colère : comment le prĂ©sident Joe Biden a-t-il pu commettre cet acte impardonnable d’abandonner l’Afghanistan Ă  son sort, aux mains d’un groupe fondamentaliste d’un obscurantisme redoutable, en sachant que les femmes vont ĂŞtre les premières Ă  payer un tribut insupportable ?  Comment n’a-t-il pas rĂ©alisĂ© que ce dĂ©part est un aveu de dĂ©faite et un message donnĂ© aux groupes terroristes du monde entier : « patientez, les talibans ont mis 20 ans et ils ont gagnĂ© ».

 

L’amertume : nous sommes interpellĂ©s par  celles et ceux qui travaillent avec l’association depuis 20 ans, et qui nous lancent un appel au secours. Ils ont cru aux Ă©coles, ils se sont investis Ă  nos cĂ´tĂ©s, ils nous ont offert leur pays. Que pouvons-nous rĂ©pondre aux musiciens que nous avons fait venir en France, qui nous ont enchantĂ©s des soirĂ©es entières ?

 

La honte : nous n’avons pas de réponse. L’ambassade de France nous a répondu qu’ils ne correspondaient pas aux critères de sortie du territoire, puisqu’elle n’avait pas établi de contrat direct avec eux. Qu’ils subissent donc !

 

Darah Afghanistan

 Hommage à Bernard

23/07/2021

 Hommage à Bernard

 Darah veut rendre hommage Ă  Bernard qui nous a quittĂ© ce mardi 20 juillet 2021. « Une si belle personne, le cĹ“ur sur la main, toujours le sourire et les yeux pĂ©tillants, attentif aux autres, discret ». Nous transcrivons ici les mots qui sont naturellement venus Ă  ceux qui l’ont connu. Bernard a beaucoup militĂ© pour l’Afghanistan, donnant de son temps et de sa personne sans compter.  Nous lui tĂ©moignons notre profonde reconnaissance et lui dĂ©dions ces deux poèmes de Rumi.

 

Le Roi de la pensée sans trouble
En dansant s'en est allé
Vers l'autre pays,
Le pays de la Lumière.

 

Au moment de la mort l'âme quitte le corps,
Elle le laisse comme habit ancien,
Elle le redonne à la poussière
Ce corps qui était poussière
Et façonne un corps fait de sa propre lumière ancienne.

 

Bernard, Ă  toi qui  aurais toute ta place sur ce graffiti « I’ll never walk alone », aux cĂ´tĂ©s de Massoud, nous te disons merci. Nos pensĂ©es vont vers JoĂ«lle, celle que tu as accompagnĂ©e de longues annĂ©es, unis dans votre soutien Ă  l’Afghanistan.

Une allée pour honorer le Commandant Massoud

02/03/2021

Une allée pour honorer le Commandant Massoud

Chères amies, chers amis,

 

 Â« Afghanistan. Pays lointain, en guerre, dont tout le monde se fout. Ou presque... » disait Christophe de Ponfilly, auteur du film « Massoud, l’Afghan ». Aujourd’hui, 20 ans plus tard, la France se rappelle : le conseil de Paris veut honorer le Commandant Massoud, celui qui a rĂ©sistĂ© Ă  l’armĂ©e rouge puis aux talibans, qui a dĂ©fendu son pays jusqu’à lui donner sa vie : la nomination d’une allĂ©e Ă  son nom a Ă©tĂ© votĂ©e Ă  l’unanimitĂ©, elle aura lieu en mars dans le Paris 8ème. Ceux qui se sont battus pendant des annĂ©es sur le terrain et continuent encore aujourd’hui, comme notre association, Ă©prouvent une satisfaction bien amère car ils ont connu fort peu de soutien lors de la lutte de ce peuple contre la plus grande puissance militaire au monde, l’ArmĂ©e rouge. Aujourd’hui le pays est au bord d’un avenir qui peut basculer dans le plus grand obscurantisme. Les accords passĂ©s entre le gouvernement Trump et les talibans sont une honte : cet accord permet l’accès au gouvernement afghan des anciens ennemis de l’AmĂ©rique. Les talibans ne respectent aucunement leur engagement, les attentats sont quotidiens, les morts sont nombreux, les migrants fuient de plus en plus. Par ailleurs, l’alliance Chine Pakistan en soutien aux talibans demande un gouvernement provisoire, ce qui affaiblit de plus en plus le gouvernement afghan. Que font nos politiques ? Le nouveau gouvernement amĂ©ricain changera-t-il les choses ? Une nouvelle position peut-elle se faire jour en Europe ? Toutes ces questions nous taraudent et nous inquiètent. 

 

Mais DARAH, malgré les difficultés augmentées par la crise sanitaire, continue de faire ce qu’elle sait faire et a toujours fait : être aux côtés de la population et plus particulièrement les élèves et les étudiants. C’est vraiment un crève-cœur de savoir les écoles d’Istalif fermées depuis maintenant 10 mois. Nous espérons qu’une nouvelle année scolaire pourra commencer fin mars, juste après le nouvel an. Pour l’instant, nous continuons de verser le salaire du chauffeur, pour qui c’est le seul revenu. Et si les écoles sont fermées, les enseignants continuent de se réunir dans les locaux de la Direction de l’enseignement. C’est pourquoi Darah a financé l’achat de panneaux solaires pour parer aux coupures d’électricité fréquentes.

 

Au centre d’architecture de terre de l’UniversitĂ© polytechnique de Kaboul, les cours sont arrĂŞtĂ©s en raison de la Covid 19, depuis deux mois. En rĂ©alitĂ©, c’est la sĂ©curitĂ© qui a poussĂ© Ă  la fermeture complète de l’universitĂ©, suite Ă  l’attentat qui a eu lieu en novembre 2020 Ă  l’UniversitĂ© de Kaboul, provoquant 32 morts et de nombreux blessĂ©s. Le gouvernement afghan a attribuĂ© cet attentat au groupe taliban de la rĂ©gion. Si le centre d’architecture de terre n’est plus ouvert aux Ă©tudiants, les salaires des personnels sont versĂ©s tous les mois : actuellement, l’équipe travaille sur un projet de rĂ©amĂ©nagement du bazar au centre-ville de Sarobi, situĂ© Ă  60 kms de Kaboul, en utilisant les techniques de recherche sur la terre.  Effectivement, le gouvernement afghan s’intĂ©resse Ă  ce mode de construction et cherche Ă  le promouvoir. 

 

Cet hiver, il y a eu pour l’instant très peu de neige et de pluie, ce qui fait craindre une sécheresse à venir. Le changement climatique est bel et bien réel. Hier, 10 février 2021, il faisait 20° à Kaboul, le printemps est en avance de plus d’un mois. Kaboul manque cruellement d’eau, et le gouvernement afghan et les Indiens viennent de signer un accord pour la construction d’un nouveau barrage pour alimenter la ville.

 

Pour DARAH, cette pĂ©riode est difficile pour rĂ©colter des fonds. DiffĂ©rents marchĂ©s et concerts ont dĂ» ĂŞtre annulĂ©s. Chères amies, chers amis, une fois de plus nous vous remercions pour votre soutien envers les Afghans qui paient un lourd tribut aux erreurs des politiques de tout bord. Nous vous communiquons les nouvelles coordonnĂ©es bancaires de DARAH (nous avons dĂ» quitter la Banque postale qui a refusĂ© de continuer Ă  envoyer de l’argent en Afghanistan), et aucune autre banque n’ayant voulu nous accueillir, soit par frilositĂ© soit par manque d’intĂ©rĂŞt, c’est finalement la Banque de France qui a dĂ©signĂ© le CrĂ©dit agricole. 

 

Christophe de Ponfilly disait  : « on n'approche pas impunĂ©ment un drame; on ne s'implique pas Ă  la lĂ©gère dans les histoires des autres : la vie prend un autre sens, se gonfle d'une nouvelle importance ».
  

Alors très sincèrement, nous vous disons MERCI.

 

Darah Afghanistan